Quel Symbole ou Représentation avons-nous sur Les Chats

  1. Symbolique et relations avec l’homme

La perception du chat dans les différentes civilisations n’est pas univoque. Il bénéficie cependant souvent d’une image positive. Le chat noir est, lui, considéré de façon plus universelle comme lié à l’obscurité, à la mort ou aux forces du mal.

  1. Le chat sacré de l’Égypte ancienne

Dans l’Égypte ancienne, le chat est un animal sacré, incarnation divine ; Bastet, déesse de la Joie et de la Fertilité, est représentée sous les traits d’un chat. Par ailleurs, le chat, ou Bastet sous forme de chat, est souvent représenté tranchant avec un couteau la tête du monstrueux serpent Apopis, qui combat dans le monde inférieur le Soleil (Rê) afin de l’empêcher de renaître chaque matin.

Les Égyptiens saluent les talents de souricier du chat, les rongeurs étant vus comme un véritable fléau pour les productions agricoles de la vallée du Nil. Ils se servent également des chats pour la chasse. Attachés à une laisse, ils aident en effet à attraper les oiseaux. Abattu à l’aide d’un boomerang, le volatile tombe à terre, puis est rapporté par le chat préalablement libéré.

Parce qu’ils ont une raison d’être économique et qu’ils symbolisent la fécondité au sein d’une famille, les chats sont, dans l’Égypte ancienne, vénérés à tel point que certains d’entre eux sont momifiés et ensevelis avec leurs maîtres, ou dans des cimetières spécifiques. On a ainsi retrouvé de nombreuses momies de chats dans les tombeaux. Le chat est vénéré à tel point que toute personne tuant un chat doit être punie de mort.

  2. Les autres symboliques du chat

Le chat a également bonne presse dans la Chine ancienne. Au Japon en revanche, il est considéré comme un animal maléfique. Dans la tradition bouddhique, il est associé au serpent et figure le péché. Dans la mythologie scandinave, le chat est associé à la déesse de l’Amour, Freyja, souvent représentée conduisant un char tiré par des chats. Chez certains peuples d’Amérique du Nord, il symbolise l’adresse, l’ingéniosité et la force. Au Sénégal, le chat est l’une des formes que peuvent prendre les génies.

L’Ancien Testament ne mentionne nullement cet animal domestique ; cependant, le Talmud de Babylone vante ses mérites et encourage l’élevage des chats « pour garder une maison propre ». Dans l’islam, le chat peut être l’incarnation du génie de chaque homme, mais aussi celle d’un djinn.

La tradition occidentale médiévale fait du chat noir un présage de malheur, à la fois à cause de sa couleur et de ses habitudes nocturnes, communes à tous les chats. Dans l’imagerie chrétienne, il est l’une des incarnations animales du diable. Il est donc associé à la sorcellerie, objet à ce titre de nombreuses cruautés et souvent brûlé en même temps que les présumées sorcières.

  2. Le chat dans l’art

Les peintures des tombeaux et les sculptures de l’Égypte sont les plus vieilles représentations connues de chats. Des gravures de chat apparurent sur les pièces de monnaie grecques au Ve siècle av. J.-C, puis sur les mosaïques, les peintures, les faïences, les pièces et les boucliers romains.

À la Renaissance, des artistes tels Léonard de Vinci ou Albrecht Dürer s’intéressèrent aux chats dans leurs études. Lorenzo Lotto, en 1527, réalise une Annonciation où l’on peut voir, au centre de la toile, un chat noir (représentation du diable) effrayé par l’apparition de l’ange Gabriel et de Dieu.

  3. Le chat dans la littérature et au cinéma

Le chat apparaît dans de nombreux contes et histoires pour enfants. Charles Perrault fait d’un chat rusé et malicieux le héros de l’un de ses Contes de ma mère l’Oye, le Chat botté (1697). Citons également « Le chat qui s’en va tout seul » (l’une des Histoires comme ça pour les petits enfants, 1902) de Rudyard Kipling, ainsi que le chat de Chester (ou du Cheshire), création commune de l’écrivain britannique Lewis Carroll et de l’illustrateur sir John Tenniel, dans Alice au pays des merveilles (1865). En 1966, Luis Sepúlveda fait d’un chat l’un des principaux protagonistes de l’Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler, adapté en 1999 à l’écran (la Mouette et le chat) par Enzo Dalo.

Le chat a fasciné de nombreux écrivains et poètes français tels Colette (Chats, 1936), Baudelaire (avec son poème « les Chats »), Apollinaire (« le Bestiaire ») et Paul Éluard (« le Chat »). Dans le Maître et Marguerite, Mikhaïl Boulgakov reprend la symbolique médiévale en faisant d’un énorme chat noir nommé Béhémoth l’un des acolytes du diable.


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